Thierry Blum a 45 ans et semble émerveillé d’avoir su revenir souvent de loin, parfois du pire, comme s’il avait volé son propre talent. Il est vrai que son passé a un léger parfum d’aventure. 
Totalement autodidacte, à l’âge de 21 ans il créé son entreprise de bâtiment à Tahiti et obtient ses équivalences de diplômes « à la polynésienne ». 
Quoi qu’il en soit, on le retrouve architecte designer à Paris dans les années 90 à la tête d’une importante agence. Il vit seul avec le fils qu’il a eu de Leïla, restée en Polynésie. Puis c’est la crise. Il s’effondre pendant 48H au terme desquelles il prend la décision de fermer son entreprise. Leïla, la femme qui le connait le mieux et qui reste sa meilleure amie, a l’intuition que le modelage pourrait sortir Thierry de son marasme. Il participe à deux séances collectives de 4 heures chacune et c’est la révélation. 
Il squatte la cour de son immeuble et réalise ses six premières pièces en 4 mois. Six modelages de terre sur des structures métalliques, ce qui en interdit la cuisson et amène notre ingénieur, soucieux de la survie de son œuvre, à la technique du bronze. 

Il fait le tour de France et découvre au milieu des volcans d’Auvergne, dans le petit village de Charbonnières les vieilles, le fondeur David de Gourkuff, quadra Sciences Po et HEC qui lui, a pété un plomb il y a déjà un bon moment. Coup de foudre de David pour les sculptures de Thierry, de Thierry pour David, bref, une histoire d’amour commence. David présente Thierry à Jean-Michel le mouleur, prothésiste dentaire reconverti, qui aura pour charge de donner la première empreinte des sculptures. 
Malgré les encouragements de David, Jean-Michel et de ses proches, Thierry connait une période de doute et s’arrête durant 5 mois. Puis il reprend la sculpture en étendant son squat à toute la surface de la cour de l’immeuble jusqu’au jour où les voisins se rebiffent. Alors il explose le sol de sa cuisine afin d’annexer la cave dont il fait son atelier. 
Thierry travaille, mais il ne sait pas quoi faire de ses singes de bronze, de ses gisants, de son boxeur, … Alors il demande conseil à cette institution prestigieuse qu’est la Monnaie de Paris. La conseillère artistique, Lionelle Courbet-Viron se montre immédiatement enthousiaste et à peine un mois plus tard, elle propose à Thierry d’être le premier artiste totalement inconnu à être exposé par la Monnaie de Paris. 
Il ne lui reste plus qu’à passer, pour cette exposition, de onze pièces à trente pièces en six mois…